27.5.08

Une pensée Bibi



Je suis tombé ce matin sur ce commentaire envoyé par Google via la Télé libre. Mon boulot, ce sont les Bibi qui en parle le mieux...

"Dimanche : je roule pépère dans ma voiture avec France-Info en fonds sonore. C’est un reportage qui dure, dure, dure sur le Luxembourg. On interroge une jeune femme sur la beauté méconnue de ce petit pays avec visite touristique très détaillée. On dit qu’il y a beaucoup de jobs ouverts pour les français avec Bac+3. Postulez ! Postulez ! Vos faiblesses en Anglais seront facilement surmontées.


Le Luxembourg ! Je me souviens avoir découvert ce pays non dans les dépliants touristiques mais dans mon acharnement à comprendre les rouages de cette chambre de compensation (Clearstream). J’avais dégotté les deux livres (Révélations et La Boite Noire) dans la poussière d’Emmaüs. Depuis, ces troublants Trous noirs de la Finance mondiale ont sérieusement ébranlé ma naïveté et mis à mal ma représentation idyllique du Monde. La veille de ce dimanche, j’étais allé sur le site des amis de Denis Robert et j’avais passé une bonne partie de mon après-midi à visionner l’heure du débat sur latelelibre.fr. On y entendait Valdiguié, le rédacteur en chef de Paris-Match, intervenir souvent. Il donnait de l’accolade et faisait copain-copain avec tous. Puis sur la fin, n’y tenant plus, ce journaliste finit par dire d’un ton condescendant, que « Denis Robert est un personnage ».

Un personnage est, en deux mots, un ego expérimental. Ce n’est pas une simulation d’un être vivant, c’est un être imaginaire et à ce titre, il peut tout faire, tout dire. Veut-on taire et étouffer le travail de Denis Robert ? Alors, il faut dire que Denis Robert « théâtralise », qu’il est «fascinant dans sa façon de mélanger le réel à la fiction ». Et cette fascination exercée par Monsieur Robert serait de… s’inventer sa propre «mise en scène ». Oui, oui, il est assurément un bon écrivain mais… dans le domaine financier, il est moins intéressant, n’est-ce pas ! Le tour de passe-passe est là, dans ce nœud où Laurent Valdiguié tente de brouiller les pistes en taisant le saut allègre qu’il effectue : il déconsidère le Réel en le rabattant sur l’Imaginaire et l’être quasi-imaginaire qu’est Denis Robert-écrivain-de-littérature. « Denis Robert est un poète. Un Jules Verne de la finance ». Edwy Plenel, de son côté, nous joue la même musique : « Denis Robert est l’inventeur de Clearstream ».

Au final, de quoi parle Laurent Valdiguié dans cette prise de position ? Il parle de… sa propre approche journalistique et des fictions qu’il assène chaque semaine via Paris-Match, journal partagé entre les fictions romanesques de Monaco (Stéphanie-Caroline-Albert) et les états d’âme romantiques de l’Elysée (Cécilia-Nicolas-Carla). “Personnage” ? Guignol… ? Comme qui dirait : c’est-celui-qui-y-dit-qui-y-est.

Car imaginaires seraient les listings Clearstream et les milliers de comptes ouverts dans les paradis fiscaux ( consultables sur le site www.dominationdumonde.blogspot.com)? Imaginaires les transactions, les comptes non-publiés ? Fictifs les 106 pays représentés à Clearstream dont plus de 40 sont des paradis fiscaux ? Créées de toutes pièces les filiales de banques honorablement connues (BNP, Crédit lyonnais, Société générale?)? Inventé le témoignage de Régis Hempel l’ancien chef de l’informatique qui assure que la firme effaçait des transactions pour en dissimuler la provenance ou la destination ?

Denis Robert est d’autant plus suspect qu’il n’est plus dans les petits papiers des rédactions et qu’il n’appartient plus à la profession qui fait profession d’être le témoin « objectif » du Monde et de sa Marche. Pourtant plus de 700 journalistes lui ont apporté leur soutien. Pas ceux non plus, bien sur, de Charlie-Hebdo dont on soulignera que Richard Malka, l’avocat de la Banque des Banques qui traîne Denis Robert de procès en procès, est celui-là même qui défend… Charlie-Hebdo !

Pendant ce temps-là, les procès contre Denis Robert et… les affaires continuent : sur l’année entière 2006, Clearstream a enregistré 24,51 millions de transactions, soit une hausse de 20% par rapport à 2005. La société Clearstream refuse toujours tout regard public sur ses comptes et ses transactions qui s’élèvent à hauteur de 250 fois le budget de la France ! Clearstream a ajouté récemment trois nouveaux marchés à son réseau international : la Croatie, la Turquie et la Russie…

BiBi ( www.pensezbibi.com)

23.5.08

message non personnel

19.5.08

On n'arrête pas le progrès


PARIS (Reuters) - Le parquet pourrait demander un non-lieu pour Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream, croit savoir dimanche le site internet de l'hebdomadaire Marianne. "Le réquisitoire de l'affaire Clearstream par le procureur Jean-Claude Marin va probablement demander un non lieu général pour Dominique de Villepin", rapporte Marianne2.fr sans citer ses sources.
"Le document est sur le bureau de Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, depuis une dizaine de jours et n'attend plus que son paraphe pour être transmis aux juges de l'affaire Clearstream, Henri Pons et Jean-Marie d'Huy", ajoute Marianne.
L'enquête sur une possible manipulation ayant visé Nicolas Sarkozy à l'aide de fausses listes de comptes de la société Clearstream en 2004 a été refermée en février après trois ans et demi d'investigations, mais le procès de l'affaire semble encore loin.
L'ancien Premier ministre a été mis en examen pour "complicité d'usage de faux et de dénonciation calomnieuse, recel de vol et recel d'abus de confiance". Les charges contre Dominique de Villepin reposent sur des documents retrouvés dans l'ordinateur du général Philippe Rondot, spécialiste du renseignement.
La thèse des juges est que Dominique de Villepin, qui a d'abord demandé des enquêtes parallèles sur les listes à Philippe Rondot puis à la DST, a ensuite poussé à leur remise au juge Van Ruymbeke, dans l'espoir d'éliminer Nicolas Sarkozy dans la perspective de la présidentielle 2007. Dominique de Villepin a nié ces charges.

18.5.08

Eclectik

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/eclectik/

Si le lien ne fonctionne pas, allez sur le site de France Inter, rubrique Eclectik...

13.5.08

un bon papier

12.5.08

Angle mort


Ce texte est la préface d'un livre de photos qui seront exposées au Musée d'Art moderne de Genève en Juin.


En juillet 2002, je ramais à rendre intelligible le résultat de mes enquêtes sur le fonctionnement de la planète financière. J’étais fatigué d’entendre que ce que j’écrivais était compliqué. Je me souviens du moment où la route s’est éclaircie. Je partais en vacances. La voiture était pleine de cris d’enfants. Je conduisais, la tête dans le livre que j’avais laissé en chantier, me rabattant, zigzaguant entre les caravanes pour arriver le premier aux stations de péage, ralentissant à la vue d’un motard ou d’un radar. On me parlait, mais je ne répondais pas. Je cherchais la métaphore qui allait mettre tout le monde d’accord. En me faisant doubler par une grosse berline immatriculée en Suisse, à laquelle était accrochée une remorque, j’ai eu une illumination. La berline avait disparu dans l’angle mort de mon rétroviseur. Je me suis dit que la planète financière fonctionnait comme un réseau autoroutier. Avec ses stations de péage, ses bandes d’arrêts, ses voitures, ses remorques, ses plaques d’immatriculation, ses gendarmes, ses voleurs et ses itinéraires bis.

Un véhicule en dépasse un autre et reste, grâce à sa vitesse constante, caché dans le point aveugle du rétroviseur. Il aura disparu. Il aura réellement disparu de votre champ de vision, avant de réapparaître, comme par magie, quelques secondes plus tard. Il en est de même avec les transferts d’argent et valeurs. Des montagnes de yens, d’euros, de roubles ou de dollars, des paquets d’actions et d’obligations sont à portée de vue dans les remorques de grosses cylindrées sur les autoroutes de la finance. On ne les voit pas, parce qu’on ne veut pas les voir.

J’ai longtemps cru qu’il était impossible de retrouver la trace d’un virement dès qu’il passait la frontière d’un pays.Trop de trafic. Trop de vitesse. Trop de mensonges. Pas de mémoire. Ma découverte du rôle joué par les chambres de compensation internationales Clearstream et Euroclear et par la société de routing financier Swift m’a permis de comprendre à quel point mes représentations de l’argent et du capitalisme étaient fausses. Non seulement les transactions financières étaient enregistrés, mais ces informations étaient centralisées et conservées dans d’immenses gares de triage de la finance. A elles trois, ces sociétés pieuvre possédant des antennes et des clients sur toute la planète, sont devenues en une vingtaine d’années, grâce à la puce électronique et aux progrès de l’informatique, les outils essentiels de la mondialisation. Les gestionnaires du trafic dans le global village. Les sociétés de transports du capitalisme financier. Ses caisses enregistreuses. Ses pompes à essence. Ses tours de contrôle. Ses boîtes noires aussi. Toutes les banques de la planète, mais aussi des multinationales et des sociétés plus troubles sont connectés en permanence sur leurs réseaux et s’en servent pour transférer, acheter, vendre, tricher, voler, cacher. Foncer. Disparaître.

Swift se contente d’enregistrer et de transmettre des ordres de virement de banques à banques. Vous êtes en Italie, vous louez une voiture : le loueur, en passant votre carte de crédit dans son appareil, utilise le réseau Swift auquel est forcément abonné votre banque pour débiter votre compte en Basse Normandie ou sur une lagune de Saint Barth. Clearstream et Euroclear sont chargées d’organiser le commerce transfrontalier des actions et des obligations, de garantir la solvabilité des clients sur les marchés, de fluidifier les échanges financiers mondiaux et de les compenser. Elles peuvent transférer du cash , mais elles sont surtout chargées de transformer vos avoirs en investissements. Elles les font voyager et les conservent dans leurs immenses parkings souterrains. Elles sont payées pour ces services. Une commission à chaque passage et un loyer pour chaque garage.

Les banquiers et leurs informaticiens jouent sur la vitesse des échanges et sur notre ignorance des techniques de déplacements bancaires pour nous flouer. Ils utilisent dans les points aveugles du système de subtils outils de transformation et de transfert de valeurs. Ils peuvent aller si vite dans les échanges qu’on ne peut pas les suivre. Ils peuvent masquer les numéros de certaines plaques ou mélanger les remorques et les voitures au péage de telle sorte que le temps d’un déplacement, on ne sache plus très bien à qui appartient quoi. Et vers où tout cela file.

Tout se fait par des jeux d’écritures comptables. Les informaticiens de Clearstream ou d’Euroclear compensent les pertes et les gains des uns et des autres. Le cul vissé dans leur fauteuil à Luxembourg ou à Bruxelles, ils voyagent au quatre coins de la planète. On verse un million de francs dans son agence bancaire à Monaco. Le temps de se retourner, l'argent a déjà filé sur un compte à Paris, est revenu sous forme d'un placement à Jersey. Les réseaux autoroutiers sont interconnectés. Les ordres de virement filent par des câbles qui relient des ordinateurs qui relient des disques durs qui relient des coffres forts électroniques. A Londres, Francfort ou Genève, des opérateurs ont l’œil sur ce qui file. Ils partent de Swift empruntent un bridge qui les amènent chez Clearstream, puis un autre qui les fait revenir à Euroclear. Parfois on leur demande encore plus de vitesse ou de discrétion pour certains transferts. Ils utilisent alors des itinéraires bis. Ils quittent le flux et se rendent invisibles. Ils jouent sur les numéros de plaque, changent de véhicule, sèment leurs poursuivants. Ils peuvent aussi effacer les traces de certains passages. Des masses entières d’argent ou de valeurs disparaissent pour réapparaître sous une forme différente plus loin. Plus loin que la mer, dans un paradis fiscal, au large.

Les paradis fiscaux sont des leurres, des villes fantômes en bout de piste. Inutile d’aller y chercher ce qu’on ne trouvera pas. Les véhicules financiers y ont, en quelque sorte, simulé un dépôt. L’information financière reste enregistrée et accessible dans les archives électroniques des gares de triage de ce capitalisme qui devient de plus en plus clandestin. Toujours Clearstream et Euroclear. La première a son siège dans un paradis fiscal. Le Luxembourg. C’est à dire un lieu où aucun juge indépendant ne mettra jamais les pieds. La boucle apparaît ainsi bouclée.

La multiplication des radars sur les autoroutes françaises a réduit considérablement les excès de vitesses et les accidents mortels. La peur de l’amende et du gendarme a joué. La multiplication des itinéraires bis, des trafics de plaques et des véhicules dépassant la vitesse autorisée ont transformé en jungle inaccessible le réseau autoroutier financier. Le capitalisme n’est pas devenu fou, comme le prédisent certains, il est devenu incontrôlable.

En 2002, alors que la grosse berline suisse me dépassait, j’ai eu cette vision. Nous étions des millions de types à nous traîner d’embouteillages en stations de péages, flashés par des radars, contrôlés par la police. Au dessus de nos têtes volaient des bolides conduits par des fantômes souriant comme des vampires.

DR

7.5.08

RV à Montpellier, le 29 mai.


A Montpellier, le 29 mai prochain , la galerie Etc présentera nos derniers travaux. Je veux parler des installations et des apnées sur lesquelles Philippe Pasquet et moi avons suées depuis un an. Cette incursion en pays arty en appellera d'autres. Nous allons montrer plusieurs oeuvres un peu bizarres sur lesquelles nous phosphorons. L'expo s'appelle Diffamation$. Des maillots de basket en serpillère, des cadavres de banquiers romains, des listings, des lignes d'écritures, des vidéos, des coffres morts et ces fameuses apnées qui tentent de mettre en image un cerveau humain (le mien).
C'est une manière de provoquer, de proposer, d'écrire une nouvelle page et de retrouver un peu d'oxygène.
exposition jusqu'au 22 juin / etc galerie – Montpellier
www.etcgalerie.com

30.4.08

Restons groupés



Dans l'affaire du corbeau et compte tenu de l'imminence de la clôture de l'instruction, plusieurs personnes se sont étonnées ici ou ailleurs que je sois un des seul, parmi les mis en examen et les parties civiles du dossier, à ne demander aucun acte supplémentaire d'instruction.
L' instruction a déjà coûté tellement de temps et d'énergie que je ne vois pas l'utilité d'en rajouter. Et le volet politique ne me concerne pas.
Ce n'est donc ni de la négligence, de la paresse qui me font renoncer à ce type d'actes. Disons, un éclair de lucidité.
DR

ps: Le livre "Clearstream, l'enquête" a été retiré de la vente du 10juin au 3 juillet 2006. On peut le trouver aujourd'hui en librairie.

29.4.08

Des nouvelles du front


Suite à mon dernier post, j'ai plutôt envie de me désintoxiquer de Clearstream et de toutes ces scories. Si par hasard je remonte sur scène, je trouverais un truc différent. Là, retour en ville et à la fiction. Préparation de nos expos à la galerie Etc de Montpellier et à la Galerie St Epvre à Nancy. Un concert d'enfer se profile à Liège en septembre avec des belges et des français. La salle fait 1500 places.
Réunion hier à Paris avec mes avocats. Clearstream n'a fait aucun pourvoi en cassation après nos victoires en appel dans deux procès en diffamation. Celui concernant un de mes articles écrit dans le Point en juillet 2004 et une interview au site du Nouvel Obs à la même période. Nous avons donc gagné. Cela fait deux procédures en moins. Deux épines. Il en reste 14, si j'ai bien compté.
Prochaine échéance: une audience le mercredi 4 juin à 15h au tribunal de Luxembourg, où pour 421 exemplaires de Clearstream, l'enquête vendus sur ce petit territoire, la multinationale me réclame 100 000 euros de dommages et intérêts. La procédure nous a déjà coûté 15000 euros. Je rappelle que le livre s'est vendu à 20 000 exemplaires en France (malgré un mois d'interdiction) et n'y est pas poursuivi. Si ce n'est pas un manque de courage et une forme élaborée de harcèlement de la part de Clearstream et de ses conseils, il faut qu'on m'explique.

27.4.08

apnée 4

Dimanche. Retour de tournée. Je ne jouerai plus "Thierry Bae a disparu", sauf circonstances exceptionnelles. La dernière (20ième représentation) a eu lieu dans un théâtre tout neuf à Château Arnoux. Ambiance étrange au final. Trois rappels et un grand silence.
Au moment où je décroche de Clearstream, un producteur me demande si je ne pourrais pas en faire un "one man show".
- Des personnages comme Malka, Rossignol, Lussi ou Backes sont de bons sujets de comédie, dit-il.
Il me parle d'un théâtre à Paris. J'avoue que j'hésite.

20.4.08

Victoire et défaite


Ce matin, j’ai regardé Ça balance à Paris, l’émission de Paris Première où j’étais invité pour parler de mon livre. En dehors des compliments qui font toujours plaisir , je retiens la critique selon laquelle mon livre serait un constat d’échec et le fait qu’on dise de mon enquête concernant Clearstream qu’on ne sait plus ce qui est vrai et faux.
Un des intervenants a dit (je cite de mémoire) : Avec tout ce qui a été écrit sur vous, on est en droit de douter de votre travail journalistique, êtes vous un usurpateur, un falsificateur, on sait plus ? Une autre a ajouté : A la limite peu importe.
Avec le recul, c’est difficile à accepter. Mais en même temps assez juste. Je comprends que des observateurs qui ne reprennent que les échos du monde puissent penser ce genre de choses. Je me rends compte ces jours-ci à quel point l'affaire du corbeau a fait des dégâts. A quel point on a caricaturé mon travail, à quel point on m’a sali, à quel point la multinationale a su utiliser et faire passer ce vent mauvais. Je me suis trop épuisé à rendre coup pour coup. Je ne jette pas l’éponge. Je ne me sens absolument pas perdant. J’économise mon énergie. La route est longue.

19.4.08

Angle mort 1


En me faisant doubler par une grosse berline immatriculée en Suisse, à laquelle était accrochée une remorque, j’ai eu une illumination. La berline avait disparu dans l’angle mort de mon rétroviseur. La planète financière fonctionne comme un réseau autoroutier. Avec ses stations de péage, ses bandes d’arrêts, ses voitures, ses remorques, ses plaques d’immatriculation, ses gendarmes, ses voleurs et ses itinéraires bis.

Un véhicule en dépasse un autre et reste, grâce à sa vitesse constante, caché dans le point aveugle du rétroviseur. Il aura disparu de votre champ de vision, avant de réapparaître, comme par magie, quelques secondes plus tard. Il en est de même avec les transferts d’argent et valeurs. Des montagnes sont à portée de vue dans les remorques de grosses cylindrées sur les autoroutes de la finance. On ne les voit pas, parce qu’on ne veut pas les voir.

Angle mort 2


Un salarié ou un héritier dépose son argent à sa banque. Dès que la somme entre dans le circuit bancaire, ses dépôts deviennent un emprunt pour la banque. Un paquet codé qu’on dépose dans la remorque d’un véhicule financier. Qu’est ce que la banque vient d’encaisser sinon un bien qui ne lui appartient pas? Le premier succès des banques et le fait qu’elles soient les entreprises les plus florissantes de la planète repose sur ce hiatus. En créant le monopole de la circulation de l’argent, puis en inventant, grâce à des boîtes comme Swift, Clearstream ou Euroclear sa dématérialisation, elles font passer pour un service à leurs clients ce qui est un devoir très rémunérateur pour elles.

Les banquiers et leurs informaticiens jouent sur la vitesse des échanges et sur notre ignorance des techniques de déplacements bancaires pour nous flouer. Comprendre les raisons pour lesquelles l’image d’un véhicule disparaît dans le miroir d’un rétroviseur est possible si l’on intègre les règles de l’optique. Suivre à la trace le déplacement d’un véhicule financier dans le grand trafic autoroutier des chambres de compensation aussi.

Angle mort 3


Des masses entières d’argent ou de valeurs disparaissent pour réapparaître sous une forme différente plus loin. Plus loin que la mer, dans un paradis fiscal.
Les paradis fiscaux sont des leurres, des villes fantômes en bout de piste. Inutile d’aller y chercher ce qu’on ne trouvera pas. La multiplication des itinéraires bis, des trafics de plaques et des véhicules dépassant la vitesse autorisée ont transformé en jungle inaccessible le réseau autoroutier financier. Le capitalisme n’est pas devenu fou mais clandestin et incontrôlable.
Nous sommes des millions de types à nous traîner d’embouteillages en stations de péages, flashés par des radars, contrôlés par la police. Au dessus de nos têtes volent des bolides conduits par des fantômes souriant comme des vampires.

18.4.08

Canard paper

16.4.08

Cargill

Lu ce matin sur le site
http://anti-ogm.info/
que dans les listings 2001 de Clearstream,figurent en bonne place Cargill premier exportateur au monde de denrées transgéniques et inondant les ports français de soja et de colza transgéniques.

Journal sortie 2



Le livre est sorti depuis une semaine. A part l'Internet, rien n'était paru dans la presse. Mais aujourd'hui, un très bon papier dans le Canard enchaîné. Et puis samedi next, "Ça balance à Paris" sur la chaîne Paris Première. On parle enfin de littérature.
Sur le front des procès, Bernard Bertossa, l'ancien procureur général de Genève, après m'avoir transmis une attestation de soutien dactylographiée et se l'être vue refusée par le tribunal de Luxembourg, en a rédigé une autre manuscrite. Là, petit souci, le même tribunal la refuse au prétexte que l'écriture serait illisible. On tourne en rond.
Après le succès des tee shirt "Travailler plus" (près d'un millier de ventes), le comité se lance dans une nouvelle série imaginée par Lefred sur le thème d'un "monde meilleur" à la sauce chinoise. On peut les commander par souscription sur le site du comité (prix 20 euros, tirage limité à 300). Précisez Tee shirt J.O.
http://www.lesoutien.blogspot.com/
L'adresse postale: Comité de soutien BP93602 54016 Nancy cedex.
Mercredi 16 avril. Chatel, 7h50. Température extérieure:moins 2...

11.4.08

Journal sortie 1


Je me suis fait prendre à mon propre piège l'autre jour à la radio et à la télévision. Je n'ai plus envie d'évoquer les affaires de la multinationale. Quoique je dise à ce sujet, cela ne sert à rien. C'est ce rien qui devient intéressant et que je dois laisser sur place. 
Quand on me lance sur le thème: "Vous êtes celui qui a lancé l'affaire Clearstream" et qu'on me demande des explications, je dois apprendre à me taire. Non que je craigne les procès. C'est autre chose. Ce sentiment, même si à l'image ou au son ça ne se perçoit pas, de me noyer, d'étouffer sous les clichés, les redites. Il m'a fallu deux ans et un livre pour comprendre. Cette "affaire personnelle" contient autre chose que ce que j'entends. Plus  fin,  sensible, tendu. Drôle. Rien à voir avec le bruit et les facilités. Je repars au combat lundi. Demain, Metz reçoit l'OM. Combien allons-nous perdre?

Que du bonheur!


Mon copain Rémi s'expose. Et c'est trop bien.
http://picasaweb.google.fr/RemiMalingrey/QueDuBonheur
Du 18 avril au 17 mai 2008 - "Le trait d'union", 1 Rue Regnault 88300 NEUFCHATEAU

Vingt-et-un




C'est un article à paraître dans la revue XXI qui sort demain.

8.4.08

Un papier


« C’est sans doute mon livre le plus personnel, celui qui me ressemble le plus ». Ecrivain et journaliste inclassable, Denis Robert publie « Une Affaire personnelle » (Flammarion, 348 pages, 19,90 euros), livre lui aussi inclassable mélangeant souvenirs, réflexions et analyses (sur la monde, la finance, la justice, la presse…). L’homme est notamment à l’origine de l’affaire Clearstream 1 (la mise en lumière d’une banque luxembourgeoise servant ce plaque tournante aux opérations bancaires du monde entier, pour résumer) et l’un des protagonistes de Clearstream 2 (la très embrouillée affaire de vrais-faux listings bancaires remontée jusqu’aux sommets de l’Etat), pour laquelle il a été mis en examen pour recel de vol et recel d’abus de confiance. Une accusation dont il se défend, affirmant être l’outil involontaire d’une gigantesque manipulation.

Cette mise en examen par les juges d’Huy et Pons (ce dernier en compagnie duquel, comme il le raconte dans le livre, il courut il y aune quinzaine d’années le marathon de New York…) est le sommet des ennuis judiciaires de Denis Robert, qui comptabilise aujourd’hui 18 procédures judiciaires à son encontre, dont une douzaine de plaintes en diffamation venant de Clearstream. «Une dérive totale du fonctionnement démocratique, estime-t-il dans une interview à Metrofrance.com. Qu’on me mette en examen pour ça, ça veut dire que ce n’est plus un coup de canif, c’est un coup de bazooka dans la liberté d’informer. »

Son éditeur (Les Arènes, chez qui il a publié ses différents livres sur Clearstream), Canal + (pour lequel il a réalisé plusieurs documentaires) et lui-même totalisent environ 300 000 euros des frais de défense face aux diverses plaintes, avance-t-il. Face à cette offensive, qu’il compare à une « censure économique utilisée quand on veut faire craquer quelqu’un et qu’on ne peut pas l’éliminer physiquement », il doute parfois, souffre souvent, mais tient bon, notamment grâce à l’appui d’un comité de soutien dirigé par des copains fidèles, essentiellement des Messins comme lui (le dessinateur Rémy Malingrey en est le président). Il a envie de passer à autre chose, d’en finir avec ce maelström, se consacrer à son roman, à la BD qu’il écrit, aux scénarios de films qu’il prépare, à ses expos d’art contemporain ou au théêtre. Mais difficile d’échapper à l’obsédante pression, à ce « déferlement ».

Denis Robert dit avoir « démarré dans le métier avec l’envie de courir, à la manière d’Albert Londres : ‘Mettre la plume dans la plaie’ ». Il parle aussi de son « aptitude à créer des embrouilles ». Mais, affirme-t-il, « si je ne les cherche pas, je sais aller où ça fait mal. Sur la multinationale, je sais ce que j’ai vu, les documents que j’ai, la force de cette enquête, donc je ne vais pas caler. »

In - Metro - Par François Bourboulon

7.4.08

La TéléLibre.fr "Sous les pavés...Denis Robert" part 3/3

La TéléLibre.fr "Sous les pavés...Denis Robert" part 2/3

6.4.08

La TéléLibre.fr "Sous les pavés...Denis Robert" part 1/3

www.rue89.com

3.4.08

Zik

“Profitant de son chômage sarkozyste, le jeune Arnaud Viviant a enregistré avec le groupe SPAM un album dix titres pour lequel il cherche un label, un éditeur, et dont voici un extrait, le morceau "Clearstream", qui est aussi un hommage à Jean François Bizot... (Contenu protégé, uniquement visible à partir de ce blog)

2.4.08

un chat

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=38152#commentaires

Sur le front des procédures

Une audience civile a eu lieu hier au Tribunal de Bordeaux, suite à la plainte en diffamation de Clearstream, après une interview accordée au journal Sud-Ouest en juin 2006. Deux heures de débat où se sont affrontés Richard Malka, l'avocat de la multinationale (et de Charlie Hebdo) et Bénédicte Litzler, l'avocate de moi (qui se substituait à Michel Zaoui).
Le premier est resté dans son registre, utilisant l'essentiel de sa plaidoirie à me démoniser, avant d' aborder rapidement le fond du litige. Mon avocate a contesté cette présentation revenant à une analyse du dossier, des faits et des témoignages, à la réalité. Le journal Sud-Ouest est resté neutre. Le délibéré a été fixé au 27 mai.

(les illustrations font partie d'une série "d'apnées" qui seront présentées à la Galerie Etc... fin mai à Montpellier.)

30.3.08

Apnée8


Au début, j’écrivais à la main. Je griffonnais à longueur de journée dans des carnets, sur des bouts de nappes, des cartons de bière. J’étais allergique aux machines à écrire. Trop lentes. Les sténos de Libé étaient rapides comme l’éclair. Je dictais mes articles de cabines perdues en pleine cambrouse à un magnétophone qui n’attendait que moi dans un bureau à Paris. Les ordinateurs ont débarqué comme une évidence pour tous. J’ai été un des derniers au journal à en récupérer un. J’étais malheureux comme un ouvrier à qui on aurait volé son marteau, sa pelle, sa tenaille et qu’on aurait placé subitement devant une machine-outil. Avec ses gros doigts. Le travail serait effectué plus rapidement, sans imperfections. Mais bon.
Les rayures, les aspérités, les mots de travers, j’aimais ça. Je tapais avec un doigt, puis deux. J’avais l’impression de vivre au ralenti. Puis j’ai trouvé le rythme et il ne m’a plus quitté. Je me suis mis à taper de plus en plus vite. J’ai pu envisager un premier roman. Je l’ai d’abord écrit à la main, pour le retaper sur une vieille Underwood qui alignait systématiquement deux e à la place d’un. Ensuite, j’ai projeté mes mots sur des écrans.
J’ai changé neuf fois d’ordinateurs, une horreur de pc Toshiba et huit Mac qui sont devenus mes amis. Maintenant, on me propose des logiciels de reconnaissance vocale pour être plus efficace. Un ami veut m’installer une caméra numérique pour balancer tous les jours le journal de ma vie sur un site visité quotidiennement par des dizaines de milliers de gens. Tout ce que j’ai vécu ces derniers mois m’amène vers les nouveaux médias de l’Internet. On me propose des blogs, des petits films vidéos sur Youtube, des chats. Mais je résiste.
Quelque chose d’imprévisible est en train de nous arriver. L’outil qui sert à écrire et le support sur lequel on inscrit nos phrases a une incidence sur notre manière de penser. La connexion permanente sur le monde en mouvement est obsédante. L’outil conditionne la pensée. Mes idées, mes visions, mes sentiments filent. Je veux les saisir, les divulguer, partager, convaincre, témoigner. Je crois les attraper si je les expédie par écran interposé. L’outil tue la pensée par excès de réactivité. En me livrant sur le net, je suis en train de mollir, de me diluer.
Je préfère les livres même s’ils sont gros et chers et longs à mettre en place, même si tout me pousse à écrire vite dans de petits modules puis à les jeter au plus grand nombre. Ce travail de restitution rapide est sans issue. Petit à petit, face à la profusion, la voix s’éteint. La gratuité de ces gestes –blog, chat, vidéo témoignage- a quelque chose de désespéré.
Quand la guerre en cours sera finie, je me remettrais à écrire en prenant du temps et des notes. Je regarde la vieille Underwood dans le coffre sous la cage d’escalier. J’hésite.

Apnée 9


Imaginons qu’une caméra de surveillance filme un braquage. En sortant, les gangsters volent une voiture et s’enfuient. Vous les poursuivez en sautant dans une autre voiture et en roulant sans permis. Grâce à vous, les braqueurs sont arrêtés, mais les flics les relâchent faute de preuves et de respect des accords internationaux. Après cela, les flics vous passent les menottes et vous embarquent au poste pour avoir conduit sans permis. C’est ce qui m’est arrivé.